Le DOUBLE TENNIS

Publié le par Michel MANERO

Le double décisif que tout le monde connaît en spectateur lors des matchs de Coupe DAVIS ou FED CUP est vécu dans les clubs chaque dimanche.Et à chaque fois sont reposées les mêmes interrogations,sur les mêmes incertitudes.                                                                                                                                                                        Qui fait le double?Pourquoi et pourquoi pas?A quel poste et pourquoi ici?Quelle anticipation du coaching pour préparer mentalement les joueurs?Quelles interventions vont dans l'affectif et l'énergie et quelles autres dans la lucidité tactique?

Une étude de cas montrera "les déterminismes de la situation du jeu de double".D'ailleurs chacun aura pu vivre ce type d'évènement puisque la psychologie humaine est quand même un peu prévisible et "les mêmes causes produisent souvent les mêmes effets".

Des propositions suivront pour la formation des jeunes.

          LE JEU EN DOUBLE AU TENNIS
 
Etude de cas        Match par équipe       double décisif
 
Le double fort qui ne « pouvait pas perdre sur le papier » a perdu. Le double deux aurait pu gagner et le match s’est retourné : un peu de hasard ; un peu de choix d’équipe, un peu de gestion du match .
 
ANALYSE
 
 
DAVID 2/6 et CHRISTOPHE 15 contre un joueur 2/6 et un 15/1
 
Le premier set est gagné par DAVID et CHRISTOPHE
Le second set est très serré .Le dernier set est perdu
 
Contexte :
DAVID pouvait gagner son simple (balle de 5/2) second set ayant gagné le premier. Il perdra et en sera assez perturbé nerveusement.
 
CHRISTOPHE très affaibli physiquement(malade) gagne un joueur à 15/2 assez facilement.
 
Le double est constitué avec Christophe qui s’engage dans un match sans ressort physique donc avec un petit service.
David lui est touché mentalement avec le désir d’effacer la perte du simple et va se mettre énormément de pression ; d’autant plus que le double 1 va perdre sa partie et que tout le monde sera accroché au grillage du double 2..
 
Christophe normalement moins fort (bien que bon joueur de double) se trouve à gauche là où se finissent les jeux. La pression va se faire de plus en plus forte sur lui pour finir les jeux
 
En effet la tension de DAVID va s’évacuer en remarques sur les choix de Christophe même sur les volées gagnantes (tu aurais pu faire plus simple !)
 
Christophe ne commente pas mais se démotive et n’ose plus jouer son jeu devant le « jugement ».Les choix tactiques sont imposés dès le service sur Christophe déjà en mal de service. Les choix sont irréalisables en l’état et les joueurs sont perpétuellement trop exposés au filet malgré des coups livrés (retours ou volées moyennes).
On aboutira à la perte du match, à la casse d’une raquette par David et au découragement de Christophe .
 
A l’inverse le premier set est essentiellement perdu par l’adversaire à 15/1.Le 2/6 assure son rang et reste d’une humeur tranquille, combative mais sans rage et en connaissance parfaite de ce que peut réussir et surtout manquer son partenaire .Son niveau d’aspiration est adapté à la situation .Il attendra que les choses aillent mieux si elles doivent aller mieux.
 
De fait le 15/1 va oser sur des points importants .Il aura une certaine réussite mais il aura eu la liberté de tenter et de surprendre au bon moment.
La différence s’est située là.
Dans l’acceptation du jeu partenaire et dans la conviction qu’il fait de son mieux en évidence. Aucune inhibition induite n’est venue perturber le jeu.
 
Y avait il une solution de coaching ?
 
Les encouragements toujours appréciables portaient sur « avancez, collez le filet »
Sauf que la balle du 2/6 était illisible trop près (très vive)
Que les retours moyens faisaient que le partenaire se faisait tirer à bout portant.
 
Sans doute valait il mieux qu’ils puissent se parler sur leur perception de dominant ou dominé pour se positionner en dominant (près ) ou dominé (plus loin en protection défensive avant l’action suivante.)Des joueurs négatifs n’ont parfois pas de honte à jouer un moment le double du fond du court.
 
Si le match avait été gagné , rien n’eût été possible en analyse .
 
 
                                               Match perdu voici quelques conclusions
 
La composition ne pouvait être contestée initialement.
Comment le poste à gauche a-t-il été décidé ? Critères d’efficacité, de confiance.                    Le joueur à gauche assume la fin des jeux et il fallait le faire valoir à celui de droite en lui rappelant la difficulté du poste avec en corollaire la nécessité d’une abnégation quoiqu’il arrive dès lors qu’on acceptait cette organisation.
 
Dans le match il fallait sans doute essayer de varier les positionnements (trop exposés) et les tactiques ;mais surtout priver de balle le 2/6 qui mettait tant de pression. Faire jouer dès le retour côté 15/1.(sous condition évidemment de ne pas rester exposé au filet.)
 
Dans l’évolution du match redonner de la lucidité aux joueurs sur les situations de jeu dans le sentiment de dominant (on peut venir au filet), risque d’être dominé (on ne s’expose pas au retour).En face qui pose les problèmes ? Qui rate le plus ? Faut il servir plus sur le revers ; plus au centre ?
 
Enfin dans le jeu remettre de la communication entre les deux joueurs sans aucun sens unique du plus fort vers le moins fort. David pouvait s’exprimer émotionnellement (chacun fait comme il peut avec ses affects) mais Christophe aurait du pouvoir répondre tranquillement qu’il en était gêné et qu’il fallait se contrôler.
David donnait des options tactiques .Christophe aurait du dire si c’était à ce moment opportun pour lui ou bien s’il devait avoir de la liberté sur ses savoirs- faire.
 
Pendant le match il fallait faire récupérer les joueurs mentalement en leur accordant le droit à l’erreur tant qu’il était à fond de concentration et de mobilité.
 
Plus facile à dire qu’à faire pour tout le monde et le match pouvait être perdu quand même puisque la bande s’y est mis , que des coups réflexes ont été favorables à l’adversaire ,et qu’il y a toujours une part d’impondérable dans le sport.                                                                                                                          Mais on peut toujours progresser sur l’attitude et sur la communication en double si on veut jouer avec un partenaire et non avec un troisième adversaire.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Publié dans PEDAGOGIE

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